Veille, un métier encore inconnu et pourtant…

Qu’il s’agisse de veille stratégique, concurrentielle, commerciale, technologique, ou qu’on parle de veille juridique, financière ou sociétale, une chose est certaine: le service de veille est un véritable instrument de développement, de performance et d’anticipation. En tant que support informationnel toujours pertinent, il aide les décideurs à faire leurs choix au bon moment à accomplir leurs missions.

On pourrait croire qu’il soit devenu difficile de s’en passer, surtout considérant l’énorme flux d’informations qu’on reçoit tous les jours à partir des sources les plus disparates. Un bombardement médiatique exacerbé, un fourrage intellectuel difficile à maîtriser et à démêler et qui, pas au hasard crois-je, à pris le nom d’info-obésité. Pourtant la veille reste encore malheureusement un tabou pour beaucoup de gens, décideurs compris.

La réaction à laquelle on  a à quoi faire dès que l’on se présente en tant que veilleur ou  chargé de veille est presque toujours le même: regards hébétés, interrogatifs parfois même avec une pointe d’irritation. "C’est quoi ça?", semblent dire sans avoir vraiment à poser la question (quelque part embarrassante). Quand il m’arrive de me trouver dans cette situation, pris presque par une sorte de sens de culpabilité inexplicable, je me lance alors dans une explication plus concrète. Je fais des exemples, je laisse imaginer des cas pratiques. Et oui, apparemment c’est la seule manière d’arriver à donner une vision moins offusquée et nébuleuse de ce qui peut être un service de veille.

Autre réaction qui suit la première phase: "ah, mais oui, oui! ça s’appelle comme ça, certes, veille! en fait, vous voyez, moi je fais déjà la veille pour mon compte. Je pense d’être suffisamment informé; je lis au moins trois quotidiens par jours… Sincèrement je ne croyais pas qu’on pouvait arriver à payer quelqu’un pour cela…". Difficile alors de continuer le dialogue avec notre interlocuteur et de lui faire comprendre que, bien sûr, il peut lire aussi cinq quotidiens par jours mais que cela non seulement lui demandera beaucoup de temps mais surtout que, en même temps qu’il lit ses journaux, il est potentiellement en train de rater la bonne information qui pourrait lui provenir d’autres sources.

Faire de la veille c’est rien que cela : donner la bonne info, à la bonne personne ou bon moment. Il y a une double notion de temporalité et de pertinence à la fois qui entrent en jeux. L’information parfaite n’existe pas; par contre ce qui peut faire la différence pour un décideur, l’avantage qu’il peut en tirer s’appuyant sur un service de veille consiste déjà dans la sélection opérée en amont sur les sources et en aval sur les infos clés et, en fin, dans leur mise à disposition via le média qu’il lui est plus familier (plate-forme internet, newsletter, mail, etc…).

Je suppose qu’une devise probable du chargé de veille pourrait être la suivante: répondre aux besoins d’informations de façon pertinente, concise et efficace.  Un veilleur est tout d’abord un médiateur, quelqu’un de compétent en nouvelles technologies bien sûr, mais capable aussi et surtout d’écouter les usagers auxquels il adresse ses services et d’adapter sa profession à leur demande. Rien de plus simple, vous direz, et pourtant c’est un métier encore presque inconnu qu’il faut s’efforcer de faire découvrir, connaître et apprécier.

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